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Samedi 3 février 2007

aaah, de retour du Festival ou j'ai vendu un peu de BD

si vous en voulez : charlicom@hotmail.fr

(la compil Iggy + le petit manuel de bonne baise entr'amis pour 10 euros, frais de porc inclus)

Au festival avec mon pote Juju on s'est bien marré mais moins que l'an passé.

Il n'empêche on s'est quand même tiré une bonne poilade avec notre stand à la Nef (salle de concert d'Angoulême) avec notre jeu "la pêche à la ligne Rock'n'Roll", une pêche à la ligne à la paille.

Sur un support genre miroir on a fait plein de petits képas en papier à rouler avec un numéro à l'intérieur, le chaland prend une paille (pour 1 euro, pas cher, et paille neuve à chaque fois ! safe, clean and hype ) et sniffe un petit képa. Le numéro lui permet ensuite de gagner un lot parmi des BD (comix américains, albums divers de BD à la con, superbes Playboy et Absolu des années 80, fanzines de toute provenance dont collectors 'style "Varsovie", fanzine 1986 ecole Beaux Arts Angouleme, ou "La Purée" 1994...), également des CD's d'Assassin et Everlast à Pustule l'Ardéchois, de l'objet collector, affiches festival BD Loisel, sous bock à bière de graphistes, recepissé de place de concert Dire Straits 1985, autocollants frigo Lucky Luke, contravention non payée,... et le clou une bouteille de Kanterbrau bue et dédicacée par Calvin Russel en 1991, la classe !

On n'a malheureusement pas pu mettre en vente notre récente collection de poils de cul de Stars, dommage on avait quand même Sly Stone et Mike Brant pour les plus imposants, un délicat Tori Amos et un superbe non taillé Janis Joplin en roux éclatants, un Courtney Love de fin de soirée, ainsi qu'un rare Johnny Winter avec bulbe rouge albinos. Mais concert du samedi annulé à la Nef, on garde la collec' pour une prochaine edition.

Bref on a bien ri et bu. Retour à l'actualité :

CHIEN D'IVROGNE on stage !!!

jeudi 8 février au Kennedy à Angoulême en formule acoustique avec Michel "The God" Herblin à l'harmonica, venez nombreux et faites passer le mot !

par charli publié dans : charlicom
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Jeudi 25 janvier 2007

BD

Bon, un peu de BD quand meme !

Allez donc decouvrir un peu de ma production comix sur :

http://www.asteline.be/magazine/index.php?Livres-humour

le comix incontournââbleble !

par charli publié dans : charlicom
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Dimanche 21 janvier 2007

Pour l'occasion, vu que José Bové était là, la télé régionale avait fait le déplacement, peut être même que le gratin politique de gauche du coin était là aussi. Un évènement comme ça ne se loupe pas, l'occasion de se frotter au gourou de la confédération le tout retransmis à l'heure du repas dans tous les foyers du coin, trop classe, ça dope l'effet électoral, le genre VIP incontournable, ça vaut largement 15 photos de sa tronche dans le bulletin trimestriel payé par la région, là c'est tout pour sa gueule, le coup en solo style tête de liste.

Bref y'avait du beau monde, ça on le voyait. Alors évidemment déjà dans l'annonce Chien d'Ivrogne fallait la prendre au second degré. Ils étaient tous assis devant, petit sourire en coin, de ceux qui ont déjà compris, le complice de naissance, le "Je vous ai compris" de De Gaulle, qui te jette après à la Seine par derrière.

Au bout de 15 minutes les sourires commençaient à se crisper, non pas par pudibonderie, mais sous le coup des décibels. Faut dire qu'on est un peu crétins, on s'emporte, on gueule, on s'agite, on transpire, alors on boit, on gueule encore plus fort ,on s'entend plus, on appuie d'avantage les notes, puis on monte le son directement sur les amplis vu que le sonorisateur veut pas monter les retours, ça monte automatiquement la facade et ça devient le bordel à gérer.

Là ça allait encore, j'avais pété déjà deux cordes au bout de vingt minutes, l'occasion de raconter des blagues graveleuses. On embraye sur le tube, notre gros tube, fait pour toucher le maximum de public, vu qu'on aime bien toucher le public, surtout féminin. Une mesure d'intro, premier couplet, refrain, amorce du second couplet, un punk fait irruption sur scène, s'empare du micro, se met à hurler dedans en remuant dans tous les sens. Un de ses potes le suit, se place derrière le micro des coeurs, ça se met à gueuler n'importe quoi. Nous on se marre, on continue à jouer, liberté d'expression oblige, on est de gauche aussi, si on se met à fliquer nos concerts, autant rejoindre les jeunesses catholiques ou sarkozystes...

Le punk pendu à mon micro s'épuise vite, une gueulante one shot, réaction altermondialiste au vu de l'ambiance "fesses collées" des convenances politiques obligées. Je récupère le flow, remercie l'intervenant, en profite pour balancer deux trois vannes, la salle est chaude, à part les premiers rangs qui se sont désertés en l'espace de 10 secondes, bourgeois et femmes de maris en premiers.

On envoie illico la suite du répertoire, le second punk est toujours perché aux choeurs, pris au jeu, à la scène, c'est vrai que la scène c'est quelque chose, t'es face aux gens, t'es libre, libre d'amuser ou d'emmerder, libre d'être ton propre arbitre.

D'ailleurs à propos d'arbitre, le punk des choeurs se prend soudain à faire comme sur les stades de foot, quand un spectateur surgit à poil sur le terrain. Déboutonne son pantalon, le laisse glisser aux chevilles, fait glisser également son caleçon pour exiber fièrement son outillage reproductif, bien en vue, le faisant gigoter comme un chippendale.

C'est le moment où les techniciens télé ont rangé leur matos, où les derniers officiels ont suivi le mouvement laissant libre les travées de chaises aux jeunes fumeurs de joint qui ont commencé à sortir leur matériel sur leurs genoux. Notre chippendale à crète a dû resté au moins 20 bonnes minutes la bite à l'air, variant les poses, cachant légèrement son engin, le faisant réapparaître, un pur jeu de scène.

On a joué pendant plus de deux heures, on a fini bourrés, hilares, notre à chippendale à nos basques, nous tannant pour qu'on le prenne dans notre groupe pour les prochains concerts, c'était sympa de sa part mais on préfère quand même les choristes au féminin, surtout dans ces circonstances.

Il nous a fallu aussi plus de deux heures pour rentrer, parcourir les à peine 100 kilomètres qui nous ramenaient à la maison. On se doutait bien qu'on allait plus être invité à la fête, mais on avait quand même réussi à réconcilier pendant une petite heure la gauche caviar à la gauche canettes, la baronnie et les gueux, c'était déjà pas mal comme satisfaction. Et puis de toute façon on s'en foutait quand même largement, politiques et compagnie, tant qu'on peut encore boire à l'oeil et raconter des conneries... 

 

par charli publié dans : charlicom
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Dimanche 14 janvier 2007

Notre bassiste c'est un poète, vous pouvez aller voir son travail de dessin sur son site www.chez-troubs.com, c'est aussi un sacré soiffard, comme nous d'ailleurs.

Il arriva donc bien atteint, et quand je dis bien atteint c'est cramé, genre à haute dose, ça allait être folklo. Nous allâment nous désaltérer sur le champ pour prendre quelques nouvelles des vendanges, qualité du fruit, de la grappe, du poids... Au même moment José Bové entamait son discours sur les OGM devant deux cent personnes agglutinées sur les quelques chaises devant la scène, les fans. En fait la différence entre les fans de José Bové et ceux de par exemple Marylin Manson est une question de vitesse, mais l'intention reste exactement la même. Le fan aura toujours tendance à se précipiter au premier rang, aux pieds de son idole, pour le toucher, le vénérer, pour José Bové les fans se précipitent également mais plus lentement, avec retenue. Ainsi on observe cette belle population de vieux babas embourgeoisés, pseudo intellectuels de gauche consensuelle, profs d'anglais et de SVT, fonctionnaires syndiqués, producteurs de rillettes sucrées,... comme dans un film panique au ralenti investir les chaises, chaque mouvement mesuré, calculé, maîtrisant chaque geste avec une volonté à faire trembler les montagnes, genre "bouge, cette chaise est à moi, je l'ai vu en premier" avec une courtoisie infiniment feinte, le "pardonnn..." fleuri qui sous entend "dégage !".

Les fans étaient en place, satisfaits, boire enfin les paroles du divin moustachu. Le discours passait dans le micro, donc dans la sono, pas besoin d'être aux premiers rangs, on l'entendait de la buvette. Là y'avait moins foule, on était les mieux placés, comme au dessus des nuages à pisser sur les ouailles. De là notre Troubs éméché c'est mis à interpeller José Bové "José ! Une pipe !! ". Bon Dieu, quelle marrade, on était pliés en deux. Les gens les plus proches se retournèrent nous fusillant du regard, d'autres rigolards, la majeure partie de l'assistance tétanisée par l'enjeu d'une telle interpellation, le gourou allait t'il s'arrêter ? se fâcher ? quitter sur le champ un tel raout ? conspuer une organisation aussi lamentable ? "José ! une pipe ! " reprenait à nouveau, d'une voix nasillarde venant du bar.

Nous le fîmes taire. On allait jouer juste derrière José, sur la même chaise, avec le même public, fallait quand même pas trop se mettre à dos cette assistance passionnée. Nous allâmes donc manger pour éponger. José abordait la Chine, les enjeux du riz, et Monsanto avec ses brevets.

Vin bio, Cognac bio, bière bio, une impression bienveillante d'une nature chaleureuse nous envahissait l'intérieur. On installait le matériel sur scène tranquillement. Le discours de José avait pris fin, deux heures de speech le gars, plus du question réponse, respect, il avait bien mérité sa pipe.

Là c'est Riton la frappe, notre batteur fou de l'époque, genre le Jean-Marie du Muppet's.

On avait pas eu le temps de faire une balance avant le discours du maître, fallait pas non plus le déranger. Alors on a monté le matos à la va-vite, concocté une balance potable avec le sonorisateur sur place. D'ailleurs le concert allait être enregistré. Plus tard quand on a demandé au gars les bandes, ils nous a dit que c'était pas exploitable, ça renseigne sur la qualité de la prestation, il a du galéré. Nous on s'est marré, et on a joué fort.

On a démarré le concert sur un hommage à José. La reprise de "Roulez bourrés" d'Au Bonheur des Dames avec des paroles sur José Bové. Ca démarrait fort, les gens appréciaient, souriaient. Puis on a embrayé sur notre répertoire, les morceaux les plus soft en entrée, "Canyon" (hommage à Christie Canyon, ex star du X américain), puis "Devoir à la maison" adaptation d'"Homework" à la sauce Chien d'Ivrogne, extrait :

"...J'peux plus dormir

Je fais des cauchemards

Je suis un naufragé entre tes deux nibards

Je m'essouffle et m'enfonce

Au milieu de ta brousse

Y'a un volcan qui fume sa lave m'éclabousse..."

La sauce semblait prendre, encore que les gens avaient du mal à saisir la teneur de notre démarche, le son était pas super, pas assez de retour sur scène, on gueulaient comme des gorets qu'on égorge, dans le vent de nos postillons de bière. On se marrait bien, surtout qu'on aime bien discuter avec le public, raconter des blagues, des devinettes. On réclamait sans cesse des bières, on vantait les qualités bio de notre rock'n'roll, du pur son nourri au terroir, bière et gnole. Quand on a entamé "J'ai un gros gland", là ça a commencé à déraper.

(a suivre...)

par charli publié dans : charlicom
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Dimanche 14 janvier 2007

Bon, c'est vrai, ces derniers articles j'ai un peu beaucoup parlé que de moi.

Normal, c'est un blog, et puis je fais un peu partie des Chien d'ivrogne, et à ce titre nos aventures sont un peu liées, jusqu'à preuve du contraire, et c'est un peu la même inspiration.

Alors un peu de souvenir, un peu de Chien d'Ivrogne, vu qu' en ce moment y'a pas beaucoup d'actualité concernant la meute.

Je vais donc vous narrer, vous raconter quelques anecdotes de concert de nos fabuleux Chien d'Ivrogne. Par exemple un certain concert en septembre 2004, lors des journées de l'écologie en Charente. On peut d'ailleurs en retrouver la trace, du moins la présentation sur le site : www. lasauceverte.org, cliquer ensuite sur "souvenirs" puis "fête 2004" et enfin "concert du samedi soir", car c'était un samedi soir. 

Comme d'habitude ça commence toujours par l'arrivée sur le site. Arriver sur le lieu d'un concert offre toujours des moments rares de jubilation. En effet, le musicien est la personne attendue, le VIP, celui a qui on ouvre la route, quelque soit son air ou sa tenue. Un énergumène mal peigné, pouilleux et aviné n'aurait jamais audience, se ferait jeter comme un fond de légumes avariés, alors que le même mais musicien est l'artiste, la star, celui qui va mettre le feu, va donner du plaisir, de la joie et de la vibration aux populations en désérence culturelle. C'est pourquoi c'est toujours bon d'en rajouter sur le CV, genre j'ai boeufé avec Bashung ou Nino Ferrer, c'est un ami mais il veut pas trop en parler. Ca en jette chez le clampin, vu qu'ils sont généralement branchés sur la barboteuse à "m'as tu vu", la télévision, là où ils se battent pour être vus, ça leur parle, vous vous rendez compte ? machin qu'a vu l'ours qu'a vu l'ours qu'a vu l'ours qu'est chez nous ? Carton, pardon meusieur...

Hé oui c'est le quotidien de l'artiste. Etre une merde, mais posée au sommet de la fosse, celle qui garde une forme qui semble plus convenable, plus identifiable, mais qui n'en fouette pas moins.

Ainsi on arrivait, l'harmoniciste et moi dans ma vieille caisse, près de l'entrée du parking gardée par un autoctone sacrément rougeaud (l'air rural de la Charente).

"- Pardon monsieur, nous sommes les musiciens pour le spectacle de ce soir. Pourriez vous nous indiquer l'entrée afin de déposer notre matériel ? N'est ce pas, humpf ?"

Ca calme. La caisse est pourrie, y'a deux amplis et une guitare mais il convient d'opérer avec diligence comme si t'arrivait avec un semi de trente tonnes. A cet instant, je me souviens, aux côtés du vieux rougeaud y'avait un couple de gendarme garé à côté. Etant avenant de nature je démarrai sur le champ une petite conversation de courtoisie avec cette maréchaussée et cet indigène gardien du sésame. Sur la route et avant de partir on s'était largement chargé avec mon pote, on avait donc l'oeil suffisamment torve et vitreux et le débit passablement englué dans une salive épaisse pour que les deux bleus se doûtassent de quelque chose. Mais qu'à celà ne tienne, on était les stars, les Rolligs stones d'un soir, les mecs capables de dégainer un Johnny en moins de temps qu'il ne faut pour faire mouiller leurs femmes.

Qu'il est bon à cet instant d'aprécier ce statut particulier de l'invité obligé, de ne pas être aimé à notre gueule mais d'être servi avec précaution pour que tout se passe bien, pour pas foutre la merde, alors qu'ils savent pertinemment que c'est nous qui allons la foutre, et même qu'on nous paye pour ça. C'est moche mais c'est comme ça, c'est la dure vie du rock'n'roll.

Les journées de l'écologie c'est vachement cool. Y'a plein de stands bio, de petits producteurs, de récoltants de miel, de vin au chanvre, de tricoteurs de pull péruviens, de vin au goût de yaourt... Une populace charmante, consciencieuse, citoyenne et polie, l'impression que boire de la bière ne sert avant tout qu'à procurer au corps son comptant de levure et sa dose diurétique. Alors on se prête à regarder les jeunes militantes souriantes en pensant aux préceptes allemands du tout poil, la jachère du pubis, le champ des hautes herbes, l'amour de faire des enfants, les frissons de "La petite maison dans la prairie", tarte au poils et jupon épais.

Le temps de se fondre dans cette bienheureuse populace, quelques biérasses dans le cornet afin d'allumer la chaudière à pop, qu'arriva soudain le bassiste, rond comme une queue de pelle, une performance, plus de cent bornes dans les pattes sans se mettre dans le fossé, respect. Le matin même il faisait les vendanges et on était le soir, y'avait de la contenance.

Bon la suite demain...

par charli publié dans : charlicom
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