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Samedi 6 janvier 2007

Johnny Hallyday "le traître" chantait "Dans les villes de grande solitude". Parfois on peut réduire cet état à de simples moments de grande solitude, vous savez, des fois où on se met dans une situation de grand ridicule ou au mieux d'inconfort.

Je n'aime généralement pas ce type de situation, sauf pour en rire, des autres bien sûr. D'ailleurs je dirais même que j'adore en rire de ces situations, j'en jubile, je m'en flatte le zigomatique avec une délectation proche de l'extase et de la transe extatique, en un mot je jouis à être témoin de ce type de situation. Par exemple le mec qui se prend une pancarte dans la rue, ou le jeune qui tombe à vélo en voulant frimer, tous les trucs genre vidéo gag, ou bien également en provoquant ces situations par la surprise genre surprendre une nana qui fait pipi entre deux voitures et lui dire bonjour avec un large sourire (hé hé, là ça tue surtout quand sa copine n'est jamais très loin).

Bon, ce 31 décembre, c'est moi qui me suis mis en scène, qui a régalé l'assistance, et là j'aurais aimé être mon propre témoin parce que là je m'aurais vraiment marré. D'ailleurs je sais même pas si on m'a vu, trente secondes après j'avais disparu pour aller changer de visage, de tenue, d'identité, de galaxie, d'espace-temps. 

Il faut remettre les éléments en place. Comme je vous l'avais déjà énoncé plus bas j'en étais arrivé à la phase whisky après celles de téquila, bière, vins, champ', etc... Donc j'étais déjà sacrément chargé, bien imbibé même, et là bien callé dans ma chauffeuse en boîte de nuit à 6h du matin, je sirotais du bout des lèvres mon double whisky on the rocks, non seulement je ne voulais pas y adjoindre du coca pour ne pas être malade, je trouve ça indigeste, mais surtout il n'y avais plus de place dans le verre avec les glaçons. Donc enfoncé dans la mousse du fauteuil d'angle je trempais légèrement mon blair dans ma coupe en perdant mon regard double dans le feu virevoltant des éclairages au rytme assourdissant des "boum tchaka boum". Parfois il suffit de l'écoute d'un simple morceau de musique indigeste pour vous faire basculer dans la face sombre de l'écoeurement qui précède le Bad Trip, ou même, bien chargé, simplement de son évocation pour vous faire basculer.

D'ailleurs ça me rappelle une soirée où j'étais dehors à me vider la vessie quand un pote sortit en titubant, pas au mieux de sa forme. Me narrant son état en quelques mots bredouillés j'en déduisis aussitôt que la cause de son malaise remontait à l'apéro, en effet on s'était baffré affamés pour s'éponger d'un saucisson bas de gamme extrêmement gras. Tout en égouttant allègrement mon canelloni je lui affirmai haut et fort cette déduction en insistant sur le caractère très gras et écoeurant du saucisson, et lui de me couper aussitôt sentant à cette simple évocation le mal s'amplifier de façon magistrale. Bien évidemment, vicieux de nature, je ne laissa pas s'échapper une situation aussi merveilleusement offerte ; je rembrayai aussitôt sur la nature de ce fameux saucisson, décrivant le hachage, le manque de maigre, son côté trop salé, le surplus de salpètre, la fabrication même honteuse de ces prétendus saucissons, le manque d'hygiène, etc... Le résultat ne tarda pad, comme mû d'une profonde secousse de l'oesophage ce brave Payon (je ne donne pas son vrai nom par pudeur) m'alerta de l'imminence du surplus, du trop-plein de son malaise, et moi comme excité, grisé par ce fait, comme au comble d'une scène, d'une danse érotique, j'utilisai alors le mot, le verbe, l'intonation, comme on donnerai des coups de reins afin d'accéder à la jouissance, répétant comme habité de la conscience d'une issue certaine l'invocation  "saucisson, saucisson, saucisson..." et lui plié en deux "non, non, arrête, bleûûrrahhh... bleûûâârrhh..."...

Qu'est ce qu'on se marre maintenant quand on y pense. Donc moi moulé hagard dans ma chauffeuse ce 1er janvier très tôt, j'eu l'idée de rajouter encore du glaçon pour diluer encore un peu ce whisky merdique qui me brûait la gorge. Je me hissai péniblement tenant mon verre de la main droite, utilisant mon bras gauche comme levier. Le corps en suspension, penché à mi parcours je tendai alors le bras (gauche) vers le seau à glaçons, imprimant alors à ce pauvre corps en équilibre une légère inclinaison vers le côté gauche, au dessus de la table suffisamment encombrée de verres et bouteilles en tout genre.

Là, soudain, je sentis partir mon buste vers cette direction dangereuse, fulgurance de la conscience, verre brisé, sang qui gicle, chairs entaillées. Je rétablis soudain ce déséquilibre par un rapide mouvement du bras droit, tenant toujours fermement le verre, le ramenant vers mon torse. Calcul prévisible et positif, je modifiai fort heureusement sur le plan horizontal la trajectoire de mon déséquilibre. Mais paramètre parasite, manquement fatal dans l'évaluation de la situation, la masse de mon corps, toujours en suspension, suite au rétablissement du plan de bascule, se mit soudainement à accélérer sa course dans la direction opposée, proportionnellement à l'impulsion soudaine de mon bras droit replié contre moi. Mon corps partit alors en quart de vrille, flottant un temps au dessus de la table pour piquer d'un coup vers la moquette du sol. N'ayant plus de bras à disposition pour amortir ma chute, ce fût mon front qui alla s'écraser lourdement par terre sur la moquette synthétique, mon verre sauf hissé par dessus moi fort heureusement, réflexe royal de sauver les meubles. Mais ce mouvement violent, soudain, n'allait pas en rester là. Pris dans la tourmente de ma chute, roulant légèrement pour amorcer un soupçon de sauvetage dans l'espoir de me relever rapidement, je me renversai alors le verre de whisky au dessus de moi sur la face gauche de ma tête, m'aspergeant l'oeil, aveugle pour un temps, celui de ne pas voir les potes se fendre la gueule de ce bienheureux spectacle.

Ainsi démarra ma nouvelle année.

par charli publié dans : charlicom
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Vendredi 5 janvier 2007

Paix et miséricorde sur la terre aux hommes de bonne volonté, et aux femmes evidemment pétries des mêmes intentions.

Ainsi comme à l'accoutumée cette fin d'année aura été émaillée de moult beuveries et festivités gastronomiques, célébration pieuse dans son intention qui dans son application se révèle aussi obscène, barbare et boulimique qu'une tripotée de cochons se vautrant dans leur auge. Consommation à outrance, chocolats en veux tu en voilà, du gras, du surgras, du viagra, en route pour le royaume de l'obèse avec flatulences et gastro en sus. En soi une belle carte de voeux à destination des creveurs de dalle, ça bouffe, ça gueule, ça chie, et ça rie bien gras en se touchant le cul, quel monde merveilleux...

Bordel de merde, un bout de mon brouillon a été mis en ligne.

Bon. Comme à mon accoutumée je m'en suis mis ras la gueule, vautré plein gaz dans mon vice de grande bouffe, à grands renforts de rasades immatures, Ricard, vin blanc, vin rouge, Champagne, re-vin rouge (pas fini de bouffer), re-Champagne, café Calva, (là je ne me souviens plus), puis bière, téquila et whisky, avec à la clé une belle marque au front pour démarrer l'année comme il se doit, je vous donnerai plus tard les détails de cette vilaine blessure...

par charli publié dans : charlicom
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Lundi 25 décembre 2006

Désolé de ne pas avoir poursuivi les aventures de Chien d'Ivrogne ces jours ci, mais là je suis en pleine étude sociologique sur les capacités de l'être humain à supporter la charge d'une certaine quantité d'alcool ingérée.

J'en suis d'ailleurs actuellement à la conclusion que ça allourdi sérieusement la faculté à percevoir avec discernement l'extrême complexité du monde ambiant et environnant, voire perturbe également celle de se mouvoir avec souplesse et agilité.

Ceci dit je vous souhaite de très bonnes fêtes

(au menu hier soir il y avait pineau et whisky coca à l'apéro, Jurançon sec sur les huîtres et le fois gras (2 bouteilles), Côtes de bourg sur la dinde (3 bouteilles), Champagne sur le dessert, et Cognac après le café (la bouteille). Je crois que c'est le coca à l'apéro qui a du provoquer mon mal de tête.

Bon on m'appelle pour manger, je retourne à mon étude.

par charli publié dans : charlicom
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Mercredi 13 décembre 2006

Le métier de rocker n'est certes pas de tout repos, énergie, concentration, mémoire, scénographie, sueur, résistance à l'alcool et aux drogues diverses, éveil, sourire et négociation en fin de soirée pour tirer des thunes au cafetier radin.

Non, le métier de rocker n'est pas de tout repos. Ces jours-ci me gelant les cacahuêtes à décorer des vitrines pour Noël, en plein frimat, en plein gel debout à l'oeuvre le pinceau à la main, grelottant, autant concentré dans cette souffrance soumise qu'un pauvre mec devant une pissotière à gérer sa chaude pisse, je repensais à un concert qu'on avait donné fin janvier en plein hiver avec Chien d'Ivrogne pour une troupe de motards avinés, une concentration qu'ils appellent ça.

Non, rocker c'est pas facile, et parfois ce qui pourrait vous sembler pour un prestige, un privilège, une chance sans pareille, un don de Dieu, s'apparente souvent à un chantier éprouvant, où l'on s'y prête avec obligation et effort comme un mineur va au charbon.

Ce concert là, rendez-vous dans les bois. Les motards aiment les situations difficiles, en chier, montrer que ce sont des bêtes rompues à toutes les épreuves, qu'ils peuvent même aller plus loin si tu les provoques. Le froid ça leur fait pas peur, pour ça qu'ils boivent, ça fait descendre la température du corps, comme ça ils sont à point pour se fondre, communier avec la nature essentielle, celle des vrais hommes, celle des barbares. Ils ont même les soirées de concentration une seconde peau, leur cuir, qu'ils n'enlèvent que pour chier, et encore je sais pas, je présume.

Nous, les Chien d'Ivrogne, on aime bien les motards, on aime bien jouer pour eux. C'est des boeufs, des brutes épaisses et hyper sympas. Ils te payent à boire, te tapent dans le dos, comprennent pas ton humour mais rigolent quand même, ils en ont rien à foutre de ce que tu joue, dès l'instant que ça fait du bruit en trois accords, et qu'à un moment tu leur fait "La Grange" de ZZ Top (en yaourt avec la voix grave au début puis après tu gueules avec eux en choeurs) et un morceau de Johnny Hallyday, genre "Toute la musique que j'aime". après ils en ont rien à foutre, de toute façon ils t'écoutent pas, t'es là uniquement pour faire des bruits de guitare et de batterie.

Cette soirée là donc, au fond des bois avec un grand feu de palettes au centre comme à l'époque de Conan le Barbare la veille d'une bataille, et de la boue tout autour avec des ombres massives qui la piétinent ; boue et eau gelée égale froid au pied, direct. La salle de concert et de restauration c'est un tunnel fabriqué avec des arceaux de métal et du plastique dessus, genre serre pour navets, à l'époque de Conan ils avaient au moins des tentes en peau de chameau, là le plastique agricole c'est un peu léger par moins 5 dehors.

Evidemment au bar c'est bière, bière, bière, et au menu Chili con carne avec du pain, du vin, un bout de fromage et en dessert bière. Là tu te réchauffe. Surtout dans un cuir. Quand on joue pour des motards je mets toujours le mien, parce que tu te dégueulasses toujours et d'un coup d'éponge t'es à nouveau propre, et puis c'est chaud, c'est épais, et puis ça le fait, comme si t'étais un motard toi aussi, sauf que sur ta gueule c'est écrit "j'ai froid, j'ai peur sur un vélo à 40 km/h, et je suis là juste pour vous prendre votre thune". Donc le cuir ça tient chaud, et avec le Chili t'envoies direct des gaz, en plein set ça te réchauffe le cul, c'est toujours ça quand tu te les gêles. Je sais ça fait dégueulasse mais j'aimerais bien vous y voir vous dans les tranchées dans la Meuse en 1917, dans la boue gelée, avec des cadavres partout autour, des mecs qui titubent, touchés, qui gueulent, qui gerbent, qui t'arrosent de bière, qui te tombent dessus.

Et il faut tenir, tenir... pas de répit, c'est pour toute la nuit. Les quelques pauses, tu prends une bière, fume une clope, va près du feu pour te chauffer les pognes. T'as les doigts gelés, les cordes de gratte qui t'ont cisaillé le bout des phalanges, le tout givré dans les buées glaçantes. Le Népal, le camp de cordée à 6000 mètres d'altitude, même pas le cul d'une indigène à bouffer, que du mâle, du pur du vrai, qui beugle, qui rote, et qui se lève d'un bond pour aller faire gueuler sa monture plus fort que les autres. Le piège pour toute la nuit. Cette soirée là il faisait vraiment très froid, quand je chantais y'avait même de la vapeur qui sortait de ma bouche (comme quand t'attendais le bus à dix ans juste avant les vacances de Noël et que tu sautillais d'un pied sur l'autre pendant que les autres parlaient cadeaux, qu'ils avaient de belles godasses et que les tiennes elles avaient coûté pas cher, pour ça que tu sautillais mais que peut être ça t'avait quand même permis d'avoir une bonne note au saut en hauteur). J'avais les doigts engourdis, on jouais fort, très fort, pour nous donner coeur à l'ouvrage, pour nous persuader en plein vacarme que peut être ça avait un sens, que peut être en chier autant aussi fort ça pouvait nous offrir un salut, une réincarnation en transat ou en serviette de bain sous un cocotier à l'Ile Maurice.

Au sol y'avait quelques palettes alignées qui composaient la scène. Dix petits centimètres qui te séparent de la mer de boue, d'argile sombre baignée de bière, avec des zombies en cuir qui la piétinent. Je ne pouvais m'empêcher de penser à Steven King, à Romero, à une nuit dont tu ne reviens jamais, où t'es condamné à errer à jamais parmi les maudits, à ton corps démembré, éviscéré, qui servira en pature à des monstres aveugles, à la douleur de la machette te cisaillant les articulations, au bruit sourd de la lame qui se plante dans l'os, ratant les ligaments, au sang qui gicle, glissant sur la matière jaune et gluante du peu de graisse qui enveloppe les tendons de mes muscles, avec une grosse envie de dormir, d'un bain chaud et de douze mains fines et délicates qui te frottent le dos et les reins avec des grosses éponges.

Et là y'a un boeuf parmi la masse qui titube plus fort, plus vite que les autres, qui se balance d'une botte sur l'autre, projetant des postillons de bière. Il se ra^pproche, il veut toucher la scène, les musiciens, il veut toucher la musique avec ses mains épaisses et sales, il s'avance et glisse, il bute contre le coin des palettes et s'effondre d'un coup cisaillé, fauché dans son élan, renversant du bras l'ampli de retour de l'harmonica avec les harmos posés dessus et qui s'éparpillent dans la boue alentour. Les jambes volent, la tête frappe le coin de la palette, pile sur l'arête du nez, ce qui provoque un brusque bouillon de sang. Y'a du sang partout, de la bière, de la boue, plein au sol parmi les cableset les pédales d'effet.

Là tu sais que ta soirée n'est pas finie, qu'en plus d'en chier encore trois bonnes heures à envoyer du gaz dans le froid et l'humidité, t'en auras encore pour plus d'une heure à ranger les amplis et la sono, à essuyer tous les cables, tout le matériel, parce que le sang et la bière ça colle et ça pue après dans la valise, et puis t'as les mains dégueulasses après, que tu peux même plus te gratter le nez sans t'en foutre partout parce que y'a pas un point d'eau à dix lieux à la ronde et que si tu veux te laver les mains c'est à la bière.

Voila, c'est ça le rock'n'roll. Donc avis à tous ceux qui s'imaginent qu'être rocker c'est faire comme les Rollins Stones avec trente camions, 200 roadies et vingt groupies très chaudes chacun et bien ils se foutent le manche de la basse dans le cul et bien profond, c'est pas tous les jours Olympia et tralala...

par charli publié dans : charlicom
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Lundi 11 décembre 2006

Quelques infos concernant donc ce fameux live où justement Michel Herblin "le God" est venu y poser son ruine-babines, un concert exeptionnel dans la mesure où "le God" Michel est venu assurer le gig au pied levé, sans répétition.

La pochette (voir article "mais alors ?") est un clin d'oeil évidemment au film de Roberto Rodriguez "Une nuit en enfer 1", et plus particulièrement à la scène où Salma Hayeck envoie une danse des plus sulfureuses sur un morceau de Tito & Tarentula "After Dark", ultra culte !

C'est lors de ce concert que Chien d'Ivrogne présenta pour la première fois sa version du tube de Mike Brand, "Rien qu'une goutte au bout de ma queue", morceau malheureusement non inscrit à l'album.

FICHE TECHNIQUE de l'album, enregistré le 24/03/2006 au bar "L'Hacienda" à Angoulême

10 titres :

1- Canyon

2 - J'peux plus faire mon devoir maintenant à la maison

3 - Aide moi

4 - Assis sur le trône

5 - Quand je fais des va et viens

6 - Suzie Cul

7 - Sur la motte encore

8 - Rend moi mon caleçon

9 - J'ai même pas peur

10 - S'coue moi l'bout (hou hou)

par charli publié dans : charlicom
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