souvenirs...

Publié le par charli

Bon, c'est vrai, ces derniers articles j'ai un peu beaucoup parlé que de moi.

Normal, c'est un blog, et puis je fais un peu partie des Chien d'ivrogne, et à ce titre nos aventures sont un peu liées, jusqu'à preuve du contraire, et c'est un peu la même inspiration.

Alors un peu de souvenir, un peu de Chien d'Ivrogne, vu qu' en ce moment y'a pas beaucoup d'actualité concernant la meute.

Je vais donc vous narrer, vous raconter quelques anecdotes de concert de nos fabuleux Chien d'Ivrogne. Par exemple un certain concert en septembre 2004, lors des journées de l'écologie en Charente. On peut d'ailleurs en retrouver la trace, du moins la présentation sur le site : www. lasauceverte.org, cliquer ensuite sur "souvenirs" puis "fête 2004" et enfin "concert du samedi soir", car c'était un samedi soir. 

Comme d'habitude ça commence toujours par l'arrivée sur le site. Arriver sur le lieu d'un concert offre toujours des moments rares de jubilation. En effet, le musicien est la personne attendue, le VIP, celui a qui on ouvre la route, quelque soit son air ou sa tenue. Un énergumène mal peigné, pouilleux et aviné n'aurait jamais audience, se ferait jeter comme un fond de légumes avariés, alors que le même mais musicien est l'artiste, la star, celui qui va mettre le feu, va donner du plaisir, de la joie et de la vibration aux populations en désérence culturelle. C'est pourquoi c'est toujours bon d'en rajouter sur le CV, genre j'ai boeufé avec Bashung ou Nino Ferrer, c'est un ami mais il veut pas trop en parler. Ca en jette chez le clampin, vu qu'ils sont généralement branchés sur la barboteuse à "m'as tu vu", la télévision, là où ils se battent pour être vus, ça leur parle, vous vous rendez compte ? machin qu'a vu l'ours qu'a vu l'ours qu'a vu l'ours qu'est chez nous ? Carton, pardon meusieur...

Hé oui c'est le quotidien de l'artiste. Etre une merde, mais posée au sommet de la fosse, celle qui garde une forme qui semble plus convenable, plus identifiable, mais qui n'en fouette pas moins.

Ainsi on arrivait, l'harmoniciste et moi dans ma vieille caisse, près de l'entrée du parking gardée par un autoctone sacrément rougeaud (l'air rural de la Charente).

"- Pardon monsieur, nous sommes les musiciens pour le spectacle de ce soir. Pourriez vous nous indiquer l'entrée afin de déposer notre matériel ? N'est ce pas, humpf ?"

Ca calme. La caisse est pourrie, y'a deux amplis et une guitare mais il convient d'opérer avec diligence comme si t'arrivait avec un semi de trente tonnes. A cet instant, je me souviens, aux côtés du vieux rougeaud y'avait un couple de gendarme garé à côté. Etant avenant de nature je démarrai sur le champ une petite conversation de courtoisie avec cette maréchaussée et cet indigène gardien du sésame. Sur la route et avant de partir on s'était largement chargé avec mon pote, on avait donc l'oeil suffisamment torve et vitreux et le débit passablement englué dans une salive épaisse pour que les deux bleus se doûtassent de quelque chose. Mais qu'à celà ne tienne, on était les stars, les Rolligs stones d'un soir, les mecs capables de dégainer un Johnny en moins de temps qu'il ne faut pour faire mouiller leurs femmes.

Qu'il est bon à cet instant d'aprécier ce statut particulier de l'invité obligé, de ne pas être aimé à notre gueule mais d'être servi avec précaution pour que tout se passe bien, pour pas foutre la merde, alors qu'ils savent pertinemment que c'est nous qui allons la foutre, et même qu'on nous paye pour ça. C'est moche mais c'est comme ça, c'est la dure vie du rock'n'roll.

Les journées de l'écologie c'est vachement cool. Y'a plein de stands bio, de petits producteurs, de récoltants de miel, de vin au chanvre, de tricoteurs de pull péruviens, de vin au goût de yaourt... Une populace charmante, consciencieuse, citoyenne et polie, l'impression que boire de la bière ne sert avant tout qu'à procurer au corps son comptant de levure et sa dose diurétique. Alors on se prête à regarder les jeunes militantes souriantes en pensant aux préceptes allemands du tout poil, la jachère du pubis, le champ des hautes herbes, l'amour de faire des enfants, les frissons de "La petite maison dans la prairie", tarte au poils et jupon épais.

Le temps de se fondre dans cette bienheureuse populace, quelques biérasses dans le cornet afin d'allumer la chaudière à pop, qu'arriva soudain le bassiste, rond comme une queue de pelle, une performance, plus de cent bornes dans les pattes sans se mettre dans le fossé, respect. Le matin même il faisait les vendanges et on était le soir, y'avait de la contenance.

Bon la suite demain...

Publié dans charlicom

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